les nègres


les nègres
jean genet
robert wilson


L’artiste qui nous présente sa vision des Nègres de Jean Genet est un géant de la scène. Pour en prendre la mesure, il faut revenir à Nancy, un soir d’avril 1971, le jeudi 22 exactement. Invité par le festival de théâtre alors dirigé par Jack Lang, un américain de trente ans que personne ne connaît, Robert Wilson. Une nuit, une seule petite nuit, suffira pour que ce nom fleurisse d’une bouche à l’autre et devienne pour toujours synonyme d’avant-garde. Bob Wilson est né. Il vient de l’architecture, de la peinture et… de New York, là où s’invente depuis une dizaine d’années le neuf, le vif, le meilleur d’un art, toutes disciplines confondues, que l’on n’appelle pas encore, contemporain. Bob Wilson est venu à Nancy avec Le Regard du sourd, un immense poème visuel totalement émancipé de la contrainte du texte, livré, comme un rêve, au seul pouvoir de l’image devenue le lieu principal – sinon unique – du récit. Un art nouveau apparaît, un théâtre d’images reconnaissable à la succession de tableaux d’une beauté foudroyante, à l’absolue primauté du corps en mouvement, au traitement incroyablement sophistiqué de la lumière, du son, du costume et du maquillage. Le Regard du sourd impose au public une révolution du regard comparable à celle que fut la création du Sacre de Nijinski à Paris, en 1913. Bob Wilson dit aux spectateurs regardez, ressentez, faites votre propre expérience. C’est le même Bob Wilson, devenu star des scènes nord-américaines et européennes, un artiste dont on ne compte plus les coups de génie, qui s’attache, avec des comédiens français, à éclairer l’une des pièces de Jean Genet les plus musicales et poétiques. Théâtre dans le théâtre, cérémonial burlesque, rituel ou messe noire, jeu de masques et de miroirs, on y voit treize personnages, dominés et dominants, jouer une tragédie sur fond de décolonisation. Blancs contre Noirs, Cour blanche contre Nègres comédiens. Non loin de là, une révolte se prépare. Bob Wilson se rappelle avoir vu Les Nègres à New York. Il était alors un étudiant.


mise en scène, scénographie
et lumière
Robert Wilson

avec Armelle Abibou, Astrid Bayiha, Daphné Biiga Nwanak, Bass Dhem, Lamine Diarra, Nicole Dogué,
William Edimo,
Jean-Christophe Folly, Kayije Kagame, Gaël Kamilindi, Babacar M’Baye Fall, Logan Corea Richardson, Xavier Thiam,
Charles Wattara

dramaturgie
Ellen Hammer
collaboration artistique
Charles Chemin
collaboration à la scénographie Stéphanie Engeln
costumes Moidele Bickel
collaboration à la lumière Xavier Baron
musique originale Dickie Landry



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dimanche 14 décembre à 15:00 et lundi 15 à 20:30
maison de la culture salle Jean-Cocteau
durée non annoncée

coproduction la Comédie
de Clermont-Ferrand