EN ATTENDANT GODOT


EN ATTENDANT GODOT
SAMUEL BECKETT
JEAN-PIERRE VINCENT


Dans une très belle lettre, Samuel Beckett écrit en 1952, peu après la publication de En attendant Godot aux éditions de Minuit, « Je n’ai pas d’idée sur le théâtre. Je n’y connais rien. Je n’y vais pas […] Je ne sais pas qui est Godot. » Le dramaturge donne peu d’indications scénographiques, mais ce « peu » suffit à renverser une conception bourgeoise du théâtre : « Route à la campagne, avec arbre. Soir. Estragon, assis sur une pierre essaie d’enlever sa chaussure […] Entre Vladimir. » Plus tard, sur la scène, entreront Pozzo, le maître et Lucky, l’esclave, puis Garçon, chargé de prévenir à deux reprises Estragon et Vladimir que monsieur Godot viendra plus tard. En près de cinquante ans de théâtre et au fil de quelque quatre-vingt-dix mises en scène, c’est la première fois que Jean-Pierre Vincent met en scène un texte de Samuel Beckett et s’il en est venu à le faire, ce n’est pas pour célébrer une fois encore le « théâtre de l’absurde » auquel est le plus souvent associé En attendant Godot. À cette vision statique et paresseuse des choses, Jean-Pierre Vincent, qui fut avec Patrice Chéreau l’un des grands rénovateurs du théâtre public français, en préfère une autre, beaucoup plus stimulante. Ce qu’il voit dans Godot, c’est un théâtre de l’anticipation que Beckett en son temps projette loin, très loin devant lui, vers nous, maintenant. Comme s’il avait vu se profiler, à travers la reconstruction de l’après seconde guerre mondiale, la fabrique industrielle d’un individualisme de masse. Aux yeux de Jean-Pierre Vincent, le monde que décrit Beckett est celui dans lequel nous vivons aujourd’hui. Sur fond de ciel gris et sans nuage, des individus. Ils ne font rien. Ils attendent. Ce pourrait être la fin.


mise en scène
Jean-Pierre Vincent

avec
Gaël Kamilindi, Frédéric Leidgens,
Charlie Nelson,
Alain Rimoux,
Abbès Zahmani
dramaturgie
Bernard Chartreux
décor Jean-Paul Chambas
costumes
Patrice Cauchetier
lumière Alain Poisson
son Benjamin Furbacco



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mardi 28, mercredi 29 et jeudi 30 avril à 20:30
maison de la culture salle Jean-Cocteau
durée 1 heure 30 environ